Exposition itinérante dans le cadre du sommet des étudiants
Lieux : MBA Besançon, Saline Royale d'Arc et Senans, La Citadelle de Besançon
Dates : du jeudi 28 au samedi 30 aril 2011

L’idée d’une rencontre de représentants d’étudiants du monde entier à Besançon réveille le fonds utopique associé à cette ville. En effet, proche de la Chaux de Fonds qui a vu séjourner Bakounine (1814-1876) et naitre Le Corbusier (1887-1965), Besançon est, outre celle de Victor Hugo (1802-1885) la ville de naissance de Charles Fourier (1772-1837) et de Proudhon (1809-1865). C’est sur le territoire de la Franche-Comté que sont apparus les premières coopératives et les premiers essais de mutualisation. Ce fonds utopique préside, sans doute de façon inconsciente, à la rencontre toute tournée vers l’avenir, des jeunes étudiants aujourd’hui.

Le Pôle ACTM (Art, Culture, Théâtre, Musique) de l’Université de Franche-Comté voulait marquer cette double tendance de l’utopie inscrite dans le passé, et dirigée vers le futur. C’est dans ce sens qu’il propose comme « mascotte culturelle » une pièce actuellement exposée au Musée des Beaux Arts de Besançon, dédiée comme un hommage à Charles Fourier La Quatrième Pomme. Il s’agit d’une sculpture réplique de celle placée depuis Janvier 2011 Place Clichy à Paris. Ce dispositif vient concrétiser une proposition fouriériste du 7 avril 1890 préconisant la mise en relation d’un monument parisien hommage à Fourier et d’un autre à Besançon, ville natale. L’intérêt est de montrer une permanence temporelle et spatiale. En effet l’utopie est bien à concevoir comme un projet par-delà les temps et les lieux où une volonté ce diffuse malgré et par-delà les obstacles.

Devenant symbole, cette pièce sera déplacée sur les trois lieux principaux de la rencontre « Le sommet international des étudiants » du 28 au 30 avril 2011. Elle sera à comprendre comme une présence de l’idéal utopique qui préside à toute institution universitaire et comme la présence de ce même idéal qui a toujours habité la jeunesse et qui devrait habiter celle d’aujourd’hui.

La pièce de Franck Scurti prend son titre d’une pièce antérieure de Robert Filiou « Grâce à Fourier » (1979) dans laquelle il remarquait que Fourier énonçait les quatre événements mettant en scène la pomme qui avaient modifié l’ordre du monde : il y a celle de la Genèse, celle d’Homère, celle de Newton et celle de Fourier. Un soir, en effet, alors qu’il dinait dans un restaurant à Paris, il paye une pomme cent fois plus cher que là d’où il venait : « Je fus si frappé, dit-il, de cette différence de prix entre pays de même température, que je commence à soupçonner un désordre fondamental dans le mécanisme industriel ». On dit que sa théorie est née de ce paradoxe.

Avec cette pièce Scurti a été lauréat du concours ouvert par la ville de Paris qui visait à replacer un monument dédié à Fourier sur le socle laissé vide depuis 1941. L’artiste a choisi de maintenir le socle et de le protéger de quatre verres teintés, et de substituer à la représentation de Fourier assis, une pomme sur laquelle est gravée un planisphère. Entre diffraction des couleurs et reflet sur la surface polie la pièce agit comme un cœur de cristallisation.

Pour plus d'informations sur la Quatrième Pomme

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